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Livraisons à vélo dans le lectourois : une aventure de la carte au territoire !

Livraisons à vélo dans le lectourois : une aventure de la carte au territoire !

Le Lectourois Yoan Le Blévec a expérimenté par deux fois, et à vélo, la livraison du bulletin municipal de la ville de Lectoure. Récit à la première personne de ces tournées minutieusement cartographiées et électriquement assistées !
« La première fois que l’on m’a proposé d’assurer la distribution du bulletin municipal sur la commune de Lectoure, loin de moi d’imaginer que le deux-roues à assistance électrique me serait si utile, voir indispensable ! Car après avoir, deux journées durant, arpenté à pied le Lectoure que l’on pourrait qualifier d'« intra muros » – autrement dit la splendide vieille ville perchée sur son éperon rocheux et nichée derrière ses enceintes en pierre calcaire, 3 kilomètres de fortifications tout de même ! –, il fallut me rendre à l’évidence : l’appui d’un vélo ne serait pas négligeable pour combler les distances croissantes entre chaque boîte aux lettres à mesure que je quittais le bourg médiéval par cercles concentriques pour m’aventurer vers les maisons et lotissements sortis de terre dans les années 60-70, puis dans des quartiers périphériques de plus en plus récents et distendus au fil de mon éloignement avec la mairie, point A de mes pérégrinations et lieu de collecte et de réapprovisionnement en bulletins.
À l’affûté vélo longtail, équipé de deux sacoches latérales pour y glisser une petite centaine d’exemplaires, succéda bientôt un attelage plus imposant autant que plus puissant : un magnifique vélo cargo !

Photo d'un Douze G4 transportant 6 cartons de bulletins municipaux
96 kg d'imprimés dans la caisse d'un Douze G4 !

Le biporteur se révélera vite mon meilleur allié pour affronter les dizaines et dizaines de kilomètres de routes bitumées, allées empierrées et autres chemins de terre conduisant, une fois quitté le périmètre des panneaux d’entrée et sortie de ville, à des centaines de boîtes aux lettres disséminées dans la campagne lomagnole. Se figure-t-on bien la superficie réelle d’une commune lorsqu’on vit seulement au quotidien dans son cœur historique ? Assez mal je dois le reconnaître, car cette distribution fut l’occasion de réaliser que la commune de Lectoure s’étendait en réalité sur près d’une douzaine de kilomètres d’est en ouest, pour environ autant du nord au sud. Bordée par pas moins de quatorze communes limitrophes, Lectoure est tout simplement, forte de ses 84,93 km ² (ou 8 493 hectares), la seconde plus grande commune du Gers, après Condom !
Si la superficie est un élément clé pour appréhender un lieu, la topographie en est un autre ! Celle de Lectoure débute à 68 mètres d’altitude aux abords des méandres du Gers et culmine à 223 sur ses plus hauts plateaux ! Et si j’avais déjà une conscience aiguë du relief en montagnes russes des innombrables vallons gersois, pour les avoir sillonnés depuis dix ans en marchant, courant ou pédalant, cette « tournée du facteur » m’aura permis d’apprécier les courbes et déliés du paysage gascon sans toutefois trop souffrir sur ma selle. Ô joie de l’assistance électrique qui soulage miraculeusement ischio-jambiers et quadriceps dans de cuisants raidards dont la déclivité peut rapidement flirter avec les 15 % ! Mais également ô misère de mon cruel manque d’anticipation, lorsqu’ayant oublié un soir de recharger la batterie pour le lendemain, je fus un matin contraint de mettre pied à terre dans une pente qui me parut prendre des airs de Tourmalet. Erreur de débutant qui ne se reproduira pas deux fois !
Mais me direz-vous, dans cet entrelacs d’artères déroulant ses kilomètres d’asphalte sur un territoire presque équivalent à la ville de Paris (!), comment s’assurer d’éviter d’oublier malencontreusement une boîte aux lettres trop isolée pour devoir y revenir le lendemain et perdre au passage un temps précieux ? Outre mon allié à deux roues et à batterie, j’étais heureusement équipé d’une précieuse application ayant préalablement quadrillé la commune de Lectoure par secteurs de couleur, et permettant d’activer, un par un, les points de dépôt recensés pour chaque boîte aux lettres une fois celle-ci livrée.

Carte de Lectoure représentant tous les points à livrer
Plus de 2 200 boîtes à livrer sur 85 km²

Cette couverture patiente et progressive d’un territoire par la carte et l’outil numérique, couplée à une optimisation maximale des trajectoires, se révéla un exercice parfaitement ludique, au moins aussi satisfaisant que la pratique vélocipédique en elle-même. Ou comment joindre l’utile à l’agréable ! »